Marc Villard a plus d'une corde à son arc : en plus d'être écrivain, il est également concepteur graphique, scénariste et dialoguiste pour le cinéma et la télévision. Il débute en littérature en 1971 avec un recueil de poèmes intitulé 'L' Amer'. Il anime par la suite plusieurs revues avec des amis poètes comme Darnaudet, Messac et Labarrière. En 1981, il publie alternativement un roman noir, 'Légitime Démence', un premier recueil de nouvelles, 'Nés pour perdre' et un scénario, 'Neige'. Il va s'affirmer comme l'un des meilleurs nouvellistes de sa génération avec trois cents nouvelles écrites. Après plusieurs textes remarqués par leur noirceur, il entre à la 'série noire' en 1984 avec 'Ballon Mort'. Il a collaboré pendant dix ans au 'Monde de la musique' et a écrit des films pour Cyril Collard, Brigitte Roüan et Juliet Berto. Dans ses nouvelles, ses héros sont presque toujours des victimes de la société qui finissent tragiquement. Il a aussi publié onze romans.
"Après Ping-Pong, les deux duettistes du noir se sont lancé un nouveau défi : s'intercaler dans le texte de l'autre, le poursuivre, le cannibaliser, le détourner, le colorer, bref, créer un beau méli-mélo, remue-ménage, ramdam stylistique, pour le plus grand plaisir du lecteur. Nul ne sera donc surpris de trouver dans cette malle aux trésors des chiens, des chats et des renards, mais aussi des tueurs en série et des bonnes soeurs, des adolescentes nudistes et... Miles Davis.
Tohu-Bohu est un terrain de jeu pour deux auteurs à l'imagination fertile qui, dans une veine toujours noire et grinçante, nous offrent un éventail de personnages et de situations tragiques, violents, ironiques, burlesques ou poétiques, à l'image de notre monde en perpétuel mouvement.
La nouvelle est un art difficile. Un exercice périlleux. Surtout quand on complique les choses en s'y collant à deux, et en choisissant des narrateurs... disons insolites. Un frigo, par exemple. Tohu-Bohu contient des petites merveilles. Autant dire que les deux compères n'ont pas dû s'ennuyer : l'humour est servi à toutes les pages, et à toutes les sauces. Parmi les douze paires de nouvelles, quelques-unes valent à elles seules le détour : les Funérailles, revues en Ligne dure, ou comment le corbeau (en fait, une corneille) et le renard voient le monstre humain ; L'Etrangeais puis l'Honneur régional, où l'on apprend enfin où se trouvent Pétaouchnoc et Triffouillis les oies ; Moi, le frigo et Hitchcock syndrome, avec une utilisation singulière de l'électroménager dans une affaire de meurtre ; enfin La couverture et best-seller, où l'on découvre deux visions "canines" du monde de l'édition.
A conseiller aux ramollis du zygomatique en mal d'exercice. Excellent.