Des policiers s'interrogent. Des criminels sont dépassés par les réponses qui se présentent. Des gens sans histoires tentent de prendre leur destin en main. Malmenés ou choyés par la vie, tous ont le choix, un jour ou l'autre, de ses révéler au moins à leurs propres yeux. Le vérité est une lumière noire qui brûle le cœur et glace le sang.
L'humour s'invite souvent dans les récits de Jan Thirion. Comme dans la réalité. L'ironie du sort n'est pas une expression vaine...
Elagage de printemps : Quatrième de couverture
Chaque parution de Jan Thirion apporte son lot de surprises et de plaisirs. Il est décidément aussi à l'aise dans la nouvelle que dans le roman... Elagage de printemps est un recueil de 12 nouvelles (une par mois ?) très agréable à lire. Préfacé par Marc Villard (qui sait de quoi il cause quand il parle de textes courts) : "Aucun de ces textes courts ne saurait muter en roman. C'est aussi la grandeur de la nouvelle : elle ne souffre pas les manipulations [...]"
La nouvelle est un genre curieusement apprécié des lecteurs et un peu délaissé par les librairies. Dommage... Voilà une belle occasion de se régaler. J'apprécie dans les textes courts les chutes surprenantes qui, en quelques mots, viennent vous donner une belle claque. Ici, les fins sont ouvertes. La surprise est au rendez-vous, mais la chute laisse au lecteur le loisir de conclure à sa guise.
A déguster !
Jan Thirion est né en littérature avec des nouvelles SF publiées en revues et anthologies d'une lointaine galaxie. De la nationalité des mots et des arts graphiques depuis l'enfance. Longtemps addict au jeu d'échecs. Sevré après deux livres écrits sur le sujet. Stylo et pinceau en bataille, avec une incursion dans le théâtre, des illustrations de livres, des piges dans les journaux, des travaux d'édition, des expos confidentielles et une route qui mène de Paris au Sud-Ouest, en passant par la Lorraine et l’Alsace. L’enseignement pour finir et assurer les arrières, et l’écriture de romans pour recommencer sa vie à chaque fois.





Cyril Poisson déprime depuis que sa femme l'a plaqué. Un beau soir, alors qu'il s'apprête à sombrer dans l'alcool, il découvre qu'il peut chambouler son destin en bidouillant la zappette de son téléviseur. Le bonheur est littéralement à portée de main ; Poisson n'a qu'à cibler qui bon lui chante pour dessiner des sourires sur les visages renfrognés des gens et trouver grâce à leurs yeux. S'en suivra une relation fusionnelle autant que fantasmatique avec sa télécommande qu'il prénomme affectueusement Mikko. Mais, piloter la vie des autres ne s'improvise pas, surtout lorsque les sentiments s'emberlificotent et que les cœurs résistent. Contre le chagrin : zappe la vie ! Contre l'ennui : zappe la vie ! Contre la poisse : zappe la vie !
Mikko : Quatrième de couverture
Dans la collection "Complètement à l'ouest" de Krakoën car ni polar ni noir, voici un livre original avec un personnage principal qui ne l'est pas moins : Mikko.
Mikko dispose de "super pouvoirs", mais ce n'est pas un "super héros" au sens traditionnel du terme (ou plutôt une super héroïne...). Mikko est... une télécommande. Et son heureux détenteur découvre un beau jour qu'elle agit sur les autres de manière radicale. De quoi ouvrir bien des portes.
Va-t-il en profiter et de quelle manière ? La réponse dans ce livre étonnant et remarquable.
Araignée du soir, espoir. Cédric Mangata, policier de Toulouse, eut préféré que ce dicton dise vrai. En cette nuit de la Toussaint, il voit plutôt dans cette bestiole une messagère funeste, car autour de lui, proches, voisins, collègues, malfrats s'arrêtent brutalement de vivre. Devant cette hécatombe terrifiante, il a beau invoquer « la faute à pas de chance », le responsable, c'est lui. Et pendant ce temps-là, son ennemi juré court toujours et stocke ses victimes dans les congélateurs de la ville. Quand on ne maîtrise plus son destin et qu'on devient soi-même la boule d'un flipper fatal, autant laisser rouler en se délestant de ses remords. « EGO FATUM », comme dit l'autre. Et tenter de tailler la route, jusqu'en enfer.
Ego Fatum : Quatrième de couverture
Un mort, ça démarre et ça ne s'arrête plus. Ce livre, c'est une avalanche. Le pas de bol à la puissance j'ai pas compté combien vu par un Jan Thirion en pleine forme : l'histoire vous prend dans sa toile aussi sûrement que l'araignée du départ. Un petit bémol pour la fin, mais bon, il fallait bien que ça s'arrête sinon on filait tout droit vers le génocide.
A lire : ça vaut le détour.


Du Comminges au Roussillon, le souffle du vent raconte des histoires de sang noir. Gaétan Lamproie, un minable escroc, et Eric Lebalait, un flic véreux, en savent quelque chose, eux qui courent de combine en combine pour améliorer leur morne ordinaire. Mais comme ils ne sont pas partageux, ils vont devoir s'affronter à mort autour d'un paquet de lingots d'or. Gravite autour d'eux toute une faune de vendeurs de matériel médical bidon, de trafiquants de meubles volés, de policiers ripoux, de prostituées roumaines et de véritables chiens enragés écumant la région. Dans ce "sud-western" où les perdants et les morts ont toujours tort, on vit avec le mal, on frôle l'enfer, mais l'on verse parfois une larme sur la beauté d'une rose blême.
Rose blême : Quatrième de couverture
Un cambriolage minable qui manque de bien mal se terminer, un flic véreux et bas de gamme qui prend l'affaire en main, et c'est parti pour un ping-pong endiablé entre les deux personnages. Jan Thirion a le chic pour transformer en douceur des situations (au départ) assez simples et, par apport successifs de petits riens, de promener le lecteur vers une fin spectaculaire, cruelle, inattendue et pourtant d'une logique sans faille. Déjà avec Ego fatum on en prenait plein la figure, ici on est dans la même veine, le nombre de victimes en moins. Humour noir (l'escroquerie - qui tourne à l'arroseur arrosé - à la vente aux personnes âgées du "pulseur de champ magnétique, avec applicateur ceinture, que même le pape utilise" est un grand moment), qualité d'écriture, personnages attachants, lecture rapide.
Tout pour plaire.