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Morsaline

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Roman

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Krakoën 2010

Les larmes sont parfois amères, toujours salées. Morsaline vous arrache facilement les deux. Mais les larmes de rire sont-elles si loin ? Morsaline, est un lieu où les « fous » contemplent sombrement leur folie dans les yeux des gens « normaux ». Ceux du dehors. Est-il certain, toutefois, que les seconds soient beaucoup plus sains d’esprit que les premiers ?

 

Il n’empêche que c’est bien à Morsaline que l’on ramasse un, puis deux corps sans vie. Et, même en ces lieux réservés aux « rejets » de la société, deux cadavres, c’est beaucoup. Ces deux morts, auxquels s’ajoute un maître chanteur qui semble avoir mal digéré une balle issue du même pistolet, échoient au commissaire Czerny. Quel point commun entre ces personnages si éloignés ? Il va longtemps chercher, à sa façon imprécise tenant de la divination et du flou artistique, laissant l’enquête imprimer son propre rythme aux événements. Son étrange équipe : le bègue, le scientifique allumé, le rocker, la nouvelle, le médecin légiste lunaire, vont le seconder à leur manière, entre Nantes et Saint-Nazaire.

 

C’est du Sard : les péripéties sont pesées et les amateurs de kilafé auront leur content d’énigme. Mais on va au-delà des plaisirs offerts par « Vice repetita » ou « Mat à Mort ». Hervé Sard donne ici une place bien plus grande à la richesse intime de son équipe policière. Voilà un écrivain qui sans renoncer à ses règles premières – l’exigence d’une intrigue qui tient – lâche la bride à sa richesse inventive. Son commissaire est plus que jamais hypocondriaque, sa légiste, plus que jamais perchée à l’abri de ses dissections, son scientifique perdu dans ses équations, chacun poussé dans ses retranchements. Une fantaisie violente fait son entrée dans ce roman, quasi désespérée, sous-jacente tout du long, parfois clairement exprimée, feutrée la plupart du temps, qu’on sent prête à surgir, qu’on guette à chaque détour de paragraphe. On a donc ici le confort de retrouver une équipe appréciée dans « La Mélodie des Cendres » mais en même temps, les personnages ont mûri et on les redécouvre plus intimement.

 

Un ouvrage qui marque sans doute une étape dans l’œuvre d’Hervé Sard vers plus de fantaisie cruelle, pour notre plus grand plaisir, à nous lecteurs…

 

L’avant-propos d’Ava Ventura

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