« Cette ville pue la mort, marmonne l'inspecteur Éric Darrieux, adossé à la portière de sa vieille Peugeot. Tu m'entends, Grenoble ? Le mort par tous les trous ! »
Dimanche 15 janvier 2006, une avenue, quelque part entre un bar et son appartement.
« Plus de quarante ans que je roule pour toi. »
Darrieux siffle le fond de sa bouteille de whisky. Les immeubles valsent autour de lui. Il tente de se retourner, trébuche sur le trottoir et se fend la lèvre supérieure sur le capot. Les mains à plat sur le bitume gelé, il étouffe un juron et part à la recherche des ses clefs.
« Quarante ans que j'use mes semelles dans tes rues et tes escaliers en or gris. Et que m'as-tu donné en échange (...) »
Modus operandi : Quatrième de couverture
Pédophilie et alcoolisme. Ou alcoolisme et pédophilie, au choix. Dans les deux cas, on va au fond, et profond. Le personnage principal mène, seul contre tous ou presque, une enquête des plus glauques (3 enfants disparus, dont on soupçonne fort qu'ils l'ont été pour bien pire qu'une rançon). Alcoolo au bout du rouleau - rien à voir avec ces imbibés "léger" qu'on croise un peu partout - Eric Darrieux, le "héros" de Marin Ledun, s'accroche. Il est sûr de lui, et nous aussi. Sauf que... La fin est percutante, rapide, et inattendue.
Il n'en reste pas moins que je suis sorti du bouquin avec un arrière-goût de tromperie. Avec le recul, certains détails glissés ça et là laissent bien penser que... Mais d'autres sont de vraies fausses pistes, limite boulevard.
Un peu déçu donc, mais ça reste un bon roman tout de même.
Né en 1975 en Ardèche, ingénieur de recherches en sciences humaines et sociales sur l’industrialisation des rapports sociaux, le contrôle social et les technologies de l’information et de la communication, Marin Ledun vit à Grenoble.
Citoyen engagé dans le mouvement social radical, déjà auteur de nombreux articles et ouvrages de recherche, marathonien, peintre et guitariste, Modus Operandi est son premier roman.
Marin Ledun tient un blog sur le site Polars Pourpres. A visiter en cliquant sur la photo ci à gauche.
Une interview ici. Une autre, en vidéo, là.