Revoilà Fabio Montale. L'ex-flic des quartiers nord de Marseille plonge dans sa ville à la recherche de deux adolescents disparus la veille de la rentrée des classes. Rien ne s'est arrangé depuis la démission de Montale. Le chômage, la misère, la drogue, la violence... Avec en fond, la montée du fanatisme islamique, et celle du Front National. Depuis que le jeune comorien Ibrahim Ali s'est fait tuer en courant derrière un bus de nuit, en février 1995, on sait qu'à Marseille tout est possible.
Chourmo : Quatrième de couverture
Une petite déception après Total Khéops. Je me suis un peu ennuyé par moments. Je trouve quand même la fin très bonne.
Né en 1945 à Marseille, fils d'un barman italien et d'une couturière espagnole, JC Izzo vient de décrocher son CAP lorsqu'il est appelé pour effectuer son service militaire - durant lequel il fait une grève de la faim d'un mois, puis est envoyé en bataillon disciplinaire à Djibouti. De retour en France il s'inscrit au PCF, milite dans un mouvement pacifiste, devient journaliste, puis rédacteur en chef de La Marseillaise. En 1978, il coupe tous les ponts: divorce, quitte son journal, rend sa carte du Parti. Après quelques années de galère, il renoue avec le journalisme. Il commence à écrire des poèmes à la fin des années soixante. Quelques livres sont édités - qui ne trouvent pas ou peu le public. C'est en 1995 qu'il fait véritablement son "entrée en littérature" avec Total Kheops, une série noire sur fond de cités marseillaises dont le titre est emprunté à un morceau du groupe IAM. Succès immédiat et impressionnant. Il sera suivi par Chourmo et Solea qui reprennent les aventures de l'ex-flic Fabio Montale. Viendront très vite des nouvelles, Vivre fatigue, et deux autres romans, Les Marins Perdus, histoire de marins retenus à quai par un armateur sans mémoire ni scrupule, et Le Soleil des Mourants. Avec - toujours - le public au rendez-vous. Jean-Claude IZZO est décédé en 2000.


"Ceci est un roman. rien de ce qu'on va lire n'a existé. Mais comme il m'est impossible de rester indifférent à la lecture quotidienne des journaux, mon histoire emprunte forcément les chemins du réel. Car c'est bien là que tout se joue, dans la réalité. Et l'horreur, dans la réalité, dépasse - et de loin - toutes les fictions possibles. Quant à Marseille, ma ville, toujours à mi-distance entre la tragédie et la lumière, elle se fait, comme il se doit, l'écho de ce qui nous menace."
Solea : Quatrième de couverture
A mon sens le meilleur de la "trilogie".
Marseille n'est pas une ville pour touristes. Ici, il faut prendre partie. Se passionner. Être pour, être contre. Être, violemment. Alors seulement, ce qui est à voir se donne à voir. Et là, trop tard, on est en plein drame. Un drame antique où le héros, c'est la mort. À Marseille, même pour perdre, il faut savoir se battre.
Tout cela, il le savait Fabio Montale ! Flic nonchalant et gastronome, perdu dans les quartiers nord, il plonge en plein pastis. Un vrai. Cadavres à l'appui.
Total Kheops : Quatrième de couverture
J'ai découvert Izzo par ce livre. Très bon bouquin, du début à la fin. Pas de passages superflus. La vie "en direct" des bas fonds de Marseille. Je n'ai pas ressenti le "trop politique" parfois reproché à l'auteur : anti-racisme, anti-exclusion, oui, mais sans trop. Quelques clichés (le flic qui demande au gamin de garder sa voiture pendant qu'il fait une visite dans la cité, par exemple), mais c'est mineur. Bref, ça donne envie de lire les autres.
"Ceci est un roman. rien de ce qu'on va lire n'a existé. Mais comme il m'est impossible de rester indifférent à la lecture quotidienne des journaux, mon histoire emprunte forcément les chemins du réel. Car c'est bien là que tout se joue, dans la réalité. Et l'horreur, dans la réalité, dépasse - et de loin - toutes les fictions possibles. Quant à Marseille, ma ville, toujours à mi-distance entre la tragédie et la lumière, elle se fait, comme il se doit, l'écho de ce qui nous menace."
Le soleil des mourants : Quatrième de couverture
Le soleil des mourants, c'est la (très triste) histoire d'un homme qui a tout pour être heureux et dont la vie va basculer presque du jour au lendemain : Ricco est devenu un clodo parmi tant d'autres. Izzo nous plonge dans le quotidien des SDF : souffrance, violence, détresse, alcool... bien mieux que n'importe quel documentaire sur le sujet. Les personnages, même s'ils sont tous pathétiques et au bout du rouleau, arrivent pourtant à faire sourire. Le récit, très bien construit, est poignant du début à la fin : lecture déconseillée en période de cafard...
En résumé : un excellent livre.