Clarence Cooper est né en 1934 à Detroit. Ami d'enfance de Malcolm X, il a vécu une partie de sa vie en prison et l'autre à chercher de la drogue, un endroit où habiter et un éditeur qui veuille bien publier ses livres. Il a été retrouvé mort en 1978, les poches vides et les veines bourrées d'héroïne, dans une chambre d'hôtel à Manhattan. Bienvenue en Enfer est le premier d'une série de romans noirs inédits en France.
"La Ferme" est une réplique moderne de l'enfer. Cette prison fédérale réservée aux junkies est peuplée de détenus cinglés, de gardiens vicieux, de psychiatres plus malades que leurs patients. John, tombé pour trafic de drogue, maîtrise parfaitement les rouages de cette institution. Jusqu'au jour où il est attiré par Sonya, ancienne prostituée enfermée dans le quartier des femmes...
Bienvenue en enfer : Quatrième de couverture
Premier livre lu de cet auteur, que je déconseille d'aborder par Bienvenue en enfer. La forme, en premier lieu, m'a gêné. Des sauts de ligne intempestifs, des mots bizarrement "concaténés" qui font croire au départ à une erreur d'impression, mais qui sont volontaires et on se demande bien pourquoi. Sur le fond, l'enfer annoncé semble bien doux, sauf si l'on comprend qu'il est dans la tête des gens. Bref, une déception, mais qui m'a tout de même incité à me plonger plus avant dans la littérature noire américaine, avec notamment Donald Goines. La Scène, autre roman de Cooper, est beaucoup plus abordable, et passionnant.
La Scène, c'était sa patrie. Mais ce soir-là, il haïssait ses lumières, ses putains, ses michés au volant de leur voiture, la bacchanale de musique de jazz jaillissant de la boutique de disques, au carrefour de Maple Avenue. Oui, la Scène tout entière rebutait Rudy. Elle lui semblait pareille à de la chair morte : parce que lui-même allait donner la mort.
La scène : Quatrième de couverture
Après la déception à la lecture de Bienvenue en enfer, voilà une belle surprise. Le sergent Davis, flic endurci et l'inspecteur Patterson, tout juste sorti de l'université, sillonnent la Scène, quartier chaud de New York, repaire de prostituées, drogués et trafiquants de tous poils. Leur objectif : faire tomber le Boss, personnage intouchable qui tire les ficelles, membre d'un syndicat qui le protège et le tient sous sa coupe tout à la fois. La Scène est un voyage captivant dans un univers tout ce qu'il y a de plus glauque. La traduction de Marcel Duhamel est aux petits oignons : certains passages sont de véritables leçons sur le vocabulaire et les pratiques des toxicos.